C'est sur le «Plateau Mont-Royal», bruissant de vie et de passage, tout à côté du sanctuaire du Saint-Sacrement, que nous nous retrouvons pour échanger au sujet de la retraite, sur les plans biblique et spirituel. Pour poser une question, remplissez le formulaire ci-dessous. Votre nom sera publié (il vous suffit de renseigner votre prénom) ; votre adresse mail ne le sera pas : elle sert simplement à autoriser la publication de votre message. Un frère ou une sœur vous répondra dans les délais les plus brefs possible. Questions et réponses sont ensuite publiées sur cette page et consultables par tous.

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Yvette: Comprendre la création de l'homme

Depuis que je fus catéchiste (durant 10 ans – 1ère communion, profession de foi et confirmation), je me pose la question de la création de l'homme. Descendons-nous vraiment du singe, comme on nous le fait croire actuellement ? Je crois fortement en la création et «Dieu vit que cela était bon», création qui évolue certes. Quand placer Adam et Eve dans cette création-évolution, en passant par le «singe» ? Pourquoi l'Eglise ne nous explique pas plus en détail cette partie de la genèse, sachant bien que c'est une manière simpliste de nous présenter le commencement du monde. D'ailleurs, personne ne sait vraiment, nous saurons après notre mort. Cela n'a, par ailleurs, aucun impact sur ma foi, par contre j'aimerais répondre, lors de discussions dont je suis témoin, en professant la bonne position qui est celle de l'Eglise. Donnez-moi s'il vous plaît un argument vrai, digne de notre foi. Merci infiniment. Yvette.


21 mai 2015

Bonjour. Vous abordez là une question complexe et qui ne peut certainement pas être résolue par des arguments dans une discussion, car il s'agit simplement de choses de nature différente. La science poses des hypothèses fondées sur des observations ou expérimentations pour parvenir à valider la théorie la plus satisfaisante possible à un moment donné ; elle se situe au niveau du «comment» (la découverte des déterminismes expliquant tel ou tel phénomène). La foi se fonde sur la Révélation et cherche à éclairer le «pourquoi» (le sens et la finalité).
S'agissant de l'origine des espèces vivantes, y compris l'homme, la théorie qui rend le mieux compte de ce phénomène à l'heure actuelle est celle de l'évolution. Elle ne dit pas que l'homme «descend du singe», selon le raccourci habituel, mais elle dessine une arborescence dans laquelle le singe et l'homme (qui ont 90% de leur patrimoine génétique en commun) partagent des ancêtres communs. Quant au récit biblique qui n'a aucune prétention scientifique, il veut montrer le plan de Dieu qui s'exprime à travers la création d'un monde ordonné et bon. L'homme prend place dans ce monde : il est créé le 6e jour, en même temps que les autres bêtes «selon leur espèce». Et en même temps il est différent puisqu'il fait l'objet d'une création spéciale de la part de Dieu : il est le seul à être dit «à l'image et à la ressemblance» de Dieu, dans le premier récit (Gn 1) ; Dieu ajoute à la terre dont il est fait, son souffle dans le second récit (Gn 2). Le fait qu'il y ait deux récits montre bien qu'on n'est pas là dans l'ordre de l'explication scientifique. On n'est pas plus situé dans une temporalité : Adam est devenu un nom propre, mais l'hébreu dit «l'Adam» (de adamah, terre), c'est-à-dire celui qui est fait de terre ; en ce sens, l'Adam est chacun de nous, chaque être humain, quelle que soit l'époque historique à laquelle il vit, qui doit remplir la vocation à laquelle Dieu l'a appelé.


22 mai 2015
Christiane: La pierre roulée...

Jean 20,1 et Jean 20,19 : Si Jésus passe les murs, pourquoi la pierre est elle roulée ? Peut-on lire en lien avec Ez 37,12-13 : «Voici que je vais ouvrir vos tombeaux... alors vous saurez que je suis le Seigneur» ?


21 mai 2015

Bonjour et merci pour votre question.... mais êtes-vous vraiment sûre d'avoir lu que Jésus passait à travers les murs ? L'évangile dit : «Il était là au milieu d'eux». C'est-à-dire que soudain sa présence est perçue par les disciples. Il ne s'agit pas en effet de nécessités pour le Christ, mais de signes donnés après sa résurrection à l'usage des disciples, ceux d'alors et ceux que nous sommes. La pierre roulée sert à manifester visiblement que le tombeau est vide ; elle permet aussi de dire que «l'Écriture est accomplie», en lien peut-être avec la prophétie d'Ezéchiel que vous citez, en lien aussi avec la pierre que Jacob roule sur la bouche du puits (Gn 29,10) : le Christ, époux de l'Église, fait jaillir pour elle l'eau de l'Esprit. C'est ce que nous contemplerons à la Pentecôte ! Belle fête à vous !


21 mai 2015
Corinne: Jacques de Sarouy

Qui est-il ?


20 mai 2015

Bonjour, Corinne. Il s'agit de Jacques de Saroug. Je ne fais que vous recopier les informations proposées par le (très sérieux) site patristique.org. On y trouve ceci : «Jacques de Saroug, évêque de Batnan sur l’Euphrate († 521), que les Syriens de son époque appelaient 'la flûte du Saint Esprit et la harpe de l’Église orthodoxe'. Il fut l’un des plus grands docteurs syriens. Il fit ses études dans l’école très réputée d’Édesse puis il devint moine. Son œuvre poétique est considérable.»


20 mai 2015
Corinne: Guérison complète

Peut-être qu'au lieu de se percevoir comme un individu entouré de personnes qui nous touchent ou que nous touchons, il vaudrait mieux se percevoir comme partie du corps du Christ, ce corps qui doit guérir complètement (moi incluse) pour qu'à la fin des temps (de ce temps de purification par l'Esprit qui fait vivre l’Église) il apparaisse glorieux ? Alors, si le cœur bat, il ne bat pas que pour lui mais aussi pour le reste du corps, et si une douleur touche le petit doigt malade elle peut irradier aussi à la main; et si je mets un cataplasme sur la poitrine, de la peau qui n'est pas malade cela passe aux poumons qui le sont ? (ce que la peau peut percevoir seule comme douloureux, si elle considère les poumons qui guérissent peut être source de joie). Il y a des maladies reconnaissables par tous et d'autres plus mystérieuses...


19 mai 2015

Oui, sûrement. C'est une bonne piste. Mais il ne faudrait pas non plus qu'elle nous fasse perdre de vue notre unicité, notre singularité propre aux yeux de Dieu : «Tu as du prix à mes yeux et moi je t'aime», dit le Seigneur. Pourtant, c'est vrai : l'Église, Corps du Christ fait pour accueillir l'humanité entière, est bien, comme l'a dit notre Pape François, cet hôpital de campagne, où l'on panse les plaies des blessés, où l'on guérit les malades – et parfois avec son propre sang.


19 mai 2015
Marie C: Jésus, Verbe...

Jésus est appelé par différents noms. Quelle est la signification particulière lorsqu'on lui donne le nom de «Verbe» ? Merci de votre réponse.


19 mai 2015
frère Thomas: Jésus

Bonjour Marie. Jésus est appelé Verbe, car Il est le Verbe de Dieu, c'est-à-dire la Parole de Dieu. Dans le prologue de l'Évangile de Saint Jean au chapitre 1, Il est appelé ainsi. En effet l'évangéliste Saint Jean a reconnu en Jésus le logos des Grecs anciens, c'est-à-dire la Parole, le principe, qui est à l'origine de l'Univers.


18 mai 2015
Corinne: Re:Indulgence

Par exemple dans le passage du paralytique que les 4 hommes font passer par le toit de la maison. Jésus lui dit «tes péchés sont pardonnés» mais il reste paralysé ce n'est que lorsque l'entourage s'indigne de voir un homme pardonner les péchés que Jésus le guérit, pour guérir du péché du manque de foi en Jésus. Comme si une peine temporelle avait été tenue en réserve aussi pour tenir compte du péché de l'entourage du pécheur (péché personnel et péché collectif ?) est ce que Marie (comme à Bernadette à Lourdes) ou l'Église par les grâces données par l'Esprit, peut demander ce genre de solidarité dans les peines temporelles, le temps que d'autres autour se posent les bonnes questions pour guérir d'un autre péché ?


18 mai 2015

Bonjour Corinne. Je ne crois pas qu'on puisse s'exprimer exactement comme vous le faites. Beaucoup de termes sont justes cependant parmi ceux que vous employez. Notamment celui de solidarité. Et effectivement, c'est bien ce qui est en jeu dans le passage biblique que vous évoquez. Mais Jésus n'a pas tenu en réserve une peine temporelle, il a bien plutôt proposé un chemin de guérison complète qui serait par grâce, non seulement pour le paralysé mais pour son entourage. La perspective est différente ; voyez-vous ? Le Seigneur ne mesure pas ses dons ; il cherche toujours en nous le moyen qu'ils soient entièrement accueillis. Et parce que nous sommes effectivement solidaires (comment le mal ou le bien que fait mon prochain ne m'atteindrait-il pas ?), sa grâce aussi peut circuler à travers ce qui nous relie. L'Église appelle cela la communion des saints.

 

Encore une chose : comment se rapporter à l'Écriture pour comprendre les mystères de la foi ? peut-être pas en cherchant «si c'est bien dit» ou non, mais, comme vous le faites dans votre interrogation à propos du miracle de la guérison du paralytique, en cherchant comment l'Écriture inspire et éclaire les dogmes de l'Église, et comment, aujourd'hui, elle continue de nous éclairer. Bonne retraite !


19 mai 2015
Corinne: Indulgence

Dans le même esprit que le message que j'ai envoyé précédemment : qu'est ce que l'indulgence de Dieu ? J'ai cru comprendre du catéchisme que c'est Dieu qui efface, ou nous soulage, des conséquences de nos fautes. Comment cela se voit-il dans les évangiles ?


18 mai 2015

Écriture et Tradition, il faut toujours se tenir sur ses deux pieds... Même si la seconde découle de la première. En l'occurrence, il est un lieu biblique où l'on peut se reporter pour comprendre ce que signifie l'indulgence : à la croix. Jésus y souffle son Esprit et s'y offre lui-même pour que tous soient pardonnés. Un monde nouveau est engendré qui reçoit pour mère la sainte Église dont la Vierge Marie est la figure, elle qui se tient «debout au pied de la croix». «Femme, voici ton fils ; fils, voici ta mère». L'Église, mère véritable de ceux qui renaissent à la vie nouvelle par le pardon des péchés n'a de cesse de répandre plus largement les grâces qui lui sont confiées. Au numéro 1473 du catéchisme, il est écrit : «Le pardon du péché et la restauration de la communion avec Dieu entraînent la remise des peines éternelles du péché. Mais des peines temporelles du péché demeurent». Ce sont ces peines «temporelles», les traces du péché en nous, que la grâce de l'indulgence vient baigner, réparer, effacer. L'Église a reçu ce pouvoir de son Seigneur, que nous ne soyons pas seulement pardonnés, ce qui est déjà immense, mais que nous soyons recréés, entièrement vivifiés.


18 mai 2015
Corinne: Pardon et pénitence

Pour le sacrement de réconciliation on nous apprend que le pardon est accompli quand on a fait pénitence. Comment voit-on cela dans les évangiles, quand Jésus pardonne aux pécheurs ?


18 mai 2015

Bonjour Corinne et merci de votre question.

Du côté de Dieu, le pardon n'est jamais donné de manière conditionnelle. On est pardonné, un point c'est tout. Mais ce qui en l'homme s'ouvre un peu, ou beaucoup, ou tout à fait, à la grâce de ce pardon, voilà ce qui peut changer. Et voilà aussi pourquoi il nous est proposé de faire pénitence. Non pour rembourser un mal quelconque par un «bien», mais pour habituer notre cœur au Bien qui vient d'en-haut, autrement dit au don de Dieu qu'est l'Esprit Saint. Nous sommes à l'école de la miséricorde, en quelque sorte, quand nous faisons pénitence... Voyez-vous plus clair ?


18 mai 2015
Cécile et François: Jour 2, Les Pères nous parlent

Bonjour, dans le texte de ce jour de saint André de Crète, nous ne comprenons pas cette phrase : «Accueille celui qui a pris sur lui tout ce qui est à nous, à l'exception du péché, afin d'absorber en lui ce qui est à nous». Cette phrase semble contradictoire avec la citation de Luc (5,32) dans ce même texte ? Pouvez-vous nous éclairer sur ce point ? Merci !


18 mai 2015

Bonjour Cécile et François et merci de votre question.

Ce qui n'est pas accueilli (mais est vaincu) par le Christ, c'est le péché. En revanche, comme le dit effectivement Luc, ceux qu'ils appellent, ce sont «les pécheurs, à la conversion». Ne pas faire sien le péché, ne pas y céder autrement dit, mais «faire siens» les pécheurs (s'ils le veulent) afin qu'ils se convertissent et vivent de son salut, voilà toute l'œuvre de Dieu dans nos vies !


18 mai 2015
Corinne: Avec Marie trouver Dieu en nous

Je ne m'étais pas aperçue que le carême était un temps de demande : je l'ai vécu plutôt comme un temps de détachement des biens de ce monde, de purification. Je ne m'étais pas aperçue que Pâques était un temps d'exaucement : je l'ai vécu comme un temps d'illumination, de rencontre avec un homme-Dieu dont le regard d'amour qui donne vie a pu traverser l'épaisseur de mes ténèbres, de mon isolement. Je me sens effectivement en travail de reconnaissance, mais j'attends encore un exaucement car je demande d'aimer l'Esprit Saint comme le Père et le Fils, d'aimer Dieu plus que tout, comme le bien véritable pour tout homme, et d'agir, vivre par amour pour Lui. De l'aimer pour bien le recevoir, qu'il soit chez lui en moi.


16 mai 2015
Retraite en ligne

Bonjour Corinne et merci de votre message. La méditation qui vous est présentée chaque jour est une proposition. À vous de faire votre chemin à partir de ce qui est proposé et c'est justement ce que vous faites ! Merci de ce partage. Comprendre le carême comme le temps de la demande et Pâques comme celui de l'exaucement, n'est-ce pas, peut-être, se situer plus près de Jésus, marchant vers sa Passion en portant vers son Père la demande que tous soient sauvés par son amour qui va jusqu'au bout, et recevant de lui l'exaucement dans une joie sans limites ? Là encore, proposition. Belle retraite à vous !


17 mai 2015
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