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Un Dieu qui fait confiance à notre faiblesse

Arrivés presque au terme de l’octave, nous entendons aujourd’hui le sommaire des apparitions de l’évangile selon saint Marc, et nous retrouvons ceux avec qui nous avons fait route : Marie-Madeleine, deux disciples «qui étaient en chemin pour aller à la campagne», les Onze. C’est le long cortège des témoins de la résurrection, mais celui-ci est présenté sous un jour un peu inattendu. La bonne nouvelle portée par Madeleine rencontre partout des obstacles, en effet. Ceux qui avaient vécu avec Jésus s’affligeaient et pleuraient : on pourrait penser qu’ils auraient accueilli avec allégresse celle qui leur annonçait que le temps des larmes était passé. L’évangéliste, au contraire, emploie à leur sujet des mots très durs : «ils refusèrent de croire». Ensuite, les disciples qui l’ont rencontré sur le chemin d’Emmaüs portent la même annonce, mais ils «ne les crurent pas non plus». Enfin, Jésus se manifeste aux Onze eux-mêmes et leur reproche «leur incrédulité et leur endurcissement».


Cœurs endurcis, incapables de foi... Les Onze sont encore ce peuple de Dieu en exode à travers le désert, et Dieu ne se résigne pas à leur manque de foi, il les exhorte douloureusement. C’est peut-être un peu décourageant... À quoi bon la résurrection, si elle ne crée pas en nous la foi ?


Pourtant, Jésus, après avoir reproché aux apôtres leur incrédulité, les envoie «proclamer la bonne nouvelle à toute la création». Ce sont donc ceux qui n’ont pas su croire qu’il envoie. C’est à eux que Jésus fait confiance, pour conduire à la foi ceux qui n’auront pas vu.


La résurrection est notre conversion, non parce qu’elle produit en nous une foi sans défaut, mais parce qu’elle nous enseigne cette bonne nouvelle : c’est nous, qui savons si mal croire, que Dieu envoie. Et c’est là, bien sûr, qu’est notre joie : dans la miséricorde d’un Dieu qui fait confiance à notre faiblesse.

La Parole du Jour • Marc 16,9-15

Ressuscité de grand matin, le premier jour de la semaine, Jésus apparut d’abord à Marie Madeleine, de laquelle il avait expulsé sept démons. Celle-ci partit annoncer la nouvelle à ceux qui, ayant vécu avec lui, s’affligeaient et pleuraient. Quand ils entendirent qu’il était vivant et qu’elle l’avait vu, ils refusèrent de croire. Après cela, il se manifesta sous un aspect inhabituel à deux d’entre eux qui étaient en chemin pour aller à la campagne. Ceux-ci revinrent l’annoncer aux autres, qui ne les crurent pas non plus. Enfin, il se manifesta aux Onze eux-mêmes pendant qu’ils étaient à table : il leur reprocha leur incrédulité et leur endurcissement parce qu’ils n’avaient pas cru ceux qui l’avaient vu ressuscité. Puis il leur dit : «Allez dans le monde entier. Proclamez la Bonne Nouvelle à toute la création.»

Prier

Seigneur, nous te demandons de faire de nous de vrais témoins, comme ces onze apôtres à qui pourtant tu reproches leur incrédulité. Nous savons bien que notre foi est fragile, que notre vie dit bien mal la joie de ta résurrection. Mais tu peux faire de cette fragilité offerte le lieu où se pressent la force rayonnante de ta résurrection. Nous te présentons nos forces et nos pauvretés, dans la confiance. Fais de nous des témoins, afin que le monde sache de quel amour il est aimé. Sois béni pour ton Église, qui enfante sans cesse de nouveaux enfants à la vie de ta résurrection !




Vous avez un peu de temps et vous désirez aller plus loin ?
La formule n°2 complète (mais ne remplace pas !) la formule n°1


En parcourant la Bible

Jérémie 4,1-10

[4] La parole du Seigneur me fut adressée en ces termes : [5] Avant même de te former au ventre maternel, je t’ai connu ; avant même que tu sois sorti du sein, je t’ai consacré ; comme prophète des nations, je t’ai établi. [6] Et je dis : «Ah ! Seigneur Dieu, vraiment, je ne sais pas parler, car je suis un enfant !» [7] Mais le Seigneur répondit : Ne dis pas : «Je suis un enfant !» car vers tous ceux à qui je t’enverrai, tu iras, et tout ce que je t’ordonnerai, tu le diras. [8] N’aie aucune crainte en leur présence car je suis avec toi pour te délivrer, oracle du Seigneur. [9] Alors le Seigneur étendit la main et me toucha la bouche ; et le Seigneur me dit : Voici que j’ai placé mes paroles en ta bouche. [10] Vois ! Aujourd’hui même je t’établis sur les nations et sur les royaumes, pour arracher et renverser, pour exterminer et démolir, pour bâtir et planter.

À l’écoute

De saint Athanase, au IVe siècle
Christ n’a pas supporté que le Temple de son Corps attendît longtemps dans le tombeau ; il s’est contenté de le montrer vraiment mort après sa lutte contre la mort, et il l’a ressuscité le troisième jour, portant comme trophée de sa victoire sur la mort ce Corps désormais incorruptible et impassible. Aussi Christ n’a-t-il pas tardé plus de trois jours pour ne pas faire attendre plus longtemps ceux à qui il avait annoncé sa Résurrection. Ils avaient encore dans l’oreille le son de sa voix, leurs yeux le cherchaient encore, leur esprit restait en suspens, quand ce corps, déposé trois jours au tombeau, le Fils de l’homme le montra immortel, incorruptible. Il fut ainsi démontré à tous que, s’il était mort, ce n’était pas par l’impuissance du Verbe qui était en lui, mais pour que la mort fût détruite en lui par la vertu du Sauveur.
Que la mort ait été détruite, que la croix soit la victoire sur elle, en voici un témoignage évident : tous les disciples du Christ méprisent la mort ; par le signe de la croix et la foi au Christ, ils foulent la mort aux pieds. Avant la venue du Sauveur, la mort était cause d’effroi pour les vivants eux-mêmes ; tous pleuraient ceux qui allaient mourir comme s’ils étaient voués à la corruption. Depuis que le Sauveur a ressuscité son corps, la mort n’est plus cause d’effroi ; ceux qui sont au Christ préfèrent mourir plutôt que de renier leur foi ; ils savent qu’en mourant, ils ne périssent pas car, par la Résurrection du Christ, ils deviennent comme lui incorruptibles. Ils se font les témoins de la victoire qui a été remportée sur la mort par le Sauveur, dans la Résurrection. Ils répètent ce qui a été écrit autrefois par l’Apôtre : «Mort, où est ta victoire ? Enfer, où est ton aiguillon ?»

Sur l’Incarnation du Verbe, SC 199

Vivre la liturgie • Les oraisons de la semaine de Pâques

Pour bien manifester que cette semaine pascale est un long dimanche, où chaque jour est Jour de Pâques, le même verset de l’alleluia est chanté chaque jour : «Voici le jour que fit le Seigneur, qu’il soit pour nous jour de fête et de joie», et en chaque prière eucharistique, nous célébrons «le jour très saint où ressuscita selon la chair notre Seigneur Jésus Christ».

Les grâces que nous demandons dans les oraisons seront de garder et de faire fructifier le don si précieux de la foi (jeudi) dans la fidélité à ce Dieu qui a réalisé une si belle unité au sein d’une communauté aussi diverse, nous a fait passer de la mort à la vie (mardi), revêtus d’immortalité, prêts pour la table des noces (samedi), bref un chemin de joie éternelle (mercredi). Les nouveaux baptisés et nous tous qui avons renouvelé les promesses baptismales au cours de la vigile pascale, nous voudrons exprimer désormais par toute notre vie le sacrement de Pâques (vendredi). Les fruits de cette grâce pascale sont goûtés déjà dans les actions de grâces après la communion : vivre les réalités d’en-haut (mardi), entrer, libres de tout vieillissement, dans la nouvelle création (mercredi), prendre conscience de l’échange merveilleux où nous sommes rachetés à grand prix (jeudi), demeurer dans la joie de la résurrection (vendredi), pour parvenir avec le Christ à la gloire (samedi).