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Une joie très pure

L’ange a dit aux femmes : «Il n’est pas ici, mais il est ressuscité» (Matthieu 28,6), et elles se sont mises en route. Elles courent, elles quittent ce tombeau : Jésus n’est plus là. Vite, elles retrouvent la lumière, vite elles se mettent en marche vers leurs frères, «tremblantes et toutes joyeuses». Et pourtant, elles n’ont rien vu : elles se sont seulement «rappelé ses paroles», comme l’ange les y invitait, et elles ont cru. Elles étaient venues avec des aromates pour dire leur amour, et voici qu’elles n’ont plus rien, sauf une parole qui fait écho à une autre parole que le Maître avait dite. En ce début de l’octave, l’Église nous invite, avec ces femmes, à une joie très pure, très haute, et nous nous essoufflons peut-être à essayer de les suivre...


Mais regardons-les, sans même chercher à les imiter. Elles courent, et voici que Jésus vient. Elles ont su partir sur une parole de l’ange, pour porter à d’autres la nouvelle. Et voici que sur le chemin de leur joie si dépouillée, elles découvrent le Christ : elles le saisissent alors, elles ne le lâcheront plus. Mais si le Christ se laisse retenir par ces femmes, c’est parce qu’il les envoie aussi plus loin, vers ses frères : «Allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée». Déjà, elles se remettent en route. Cette rencontre nuptiale du Christ avec l’humanité qu’il épouse n’est pas une intimité close. Le geste de la rencontre est aussi celui de l’envoi, qui ouvre à un amour universel, et c’est là le secret de sa grande chasteté.


Peut-être ne pouvons-nous pas encore courir sur la route de cette joie. Mais il nous est bon de regarder ces femmes, et de contempler la vérité de cette joie, qui grandit en acceptant de se laisser donner à d’autres. Regarder, tout simplement, afin que le cœur désire ce que Dieu veut donner.

La Parole du Jour • Matthieu 28,8-15

Quand les femmes eurent entendu les paroles de l’ange, vite, elles quittèrent le tombeau, tremblantes et toutes joyeuses, et elles coururent porter la nouvelle aux disciples. Et voici que Jésus vint à leur rencontre et leur dit : «Je vous salue.» Elles s’approchèrent et, lui saisissant les pieds, elles se prosternèrent devant lui. Alors Jésus leur dit : «Soyez sans crainte, allez annoncer à mes frères qu’ils doivent se rendre en Galilée : c’est là qu’ils me verront.»

Tandis qu’elles étaient en chemin, quelques-uns des hommes chargés de garder le tombeau allèrent en ville annoncer aux chefs des prêtres tout ce qui s’était passé. Ceux-ci, après s’être réunis avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme en leur disant : «Voilà ce que vous raconterez : ‘Ses disciples sont venus voler le corps, la nuit pendant que nous dormions.’ Et si tout cela vient aux oreilles du gouverneur, nous lui expliquerons la chose, et nous vous éviterons tout ennui.» Les soldats prirent l’argent et suivirent la leçon. Et cette explication s’est propagée chez les Juifs jusqu’à ce jour.

Prier

Seigneur, sois béni pour ta résurrection qui est joie. Sois béni pour cette joie qui est notre grand désir, et qui pourtant ne nous appartient pas. En ce jour, nous voulons nous laisser transformer par la joie que tu as donnée à d’autres, à ces femmes que tu rencontres, à nos frères que tu visites. Nous voulons l’accueillir comme une bonne nouvelle pour nous. Nous voulons la partager avec eux en ton nom, afin qu’ils deviennent pour nous témoins de ta résurrection. Nous te demandons la grâce de nous réjouir de la joie des autres, afin que ta joie devienne notre joie, amen !




Vous avez un peu de temps et vous désirez aller plus loin ?
La formule n°2 complète (mais ne remplace pas !) la formule n°1


En parcourant la Bible

Isaïe 52,7-12

[7] Qu’ils sont beaux, sur les montagnes, les pieds du messager qui annonce la paix, du messager de bonnes nouvelles qui annonce le salut, qui dit à Sion : «Ton Dieu règne.» [8] C’est la voix de tes guetteurs : ils élèvent la voix, ensemble ils poussent des cris de joie, car ils ont vu de leurs propres yeux le Seigneur qui revient à Sion. [9] Ensemble poussez des cris, des cris de joie, ruines de Jérusalem ! Car le Seigneur a consolé son peuple, il a racheté Jérusalem. [10] Le Seigneur a découvert son bras de sainteté aux yeux de toutes les nations, et tous les confins de la terre ont vu le salut de notre Dieu. [11] Allez-vous-en, allez-vous-en, sortez d’ici, ne touchez à rien d’impur, sortez du milieu d’elle, purifiez-vous, vous qui portez les objets du Seigneur. [12] Car vous ne sortirez pas à la hâte, vous ne vous en irez pas en fuyards, c’est le Seigneur, en effet, qui marche à votre tête, et votre arrière-garde, c’est le Dieu d’Israël.

1 Pierre 1,3-9

[3] Béni soit le Dieu et Père de notre Seigneur Jésus Christ : dans sa grande miséricorde, il nous a engendrés de nouveau par la Résurrection de Jésus Christ d’entre les morts, pour une vivante espérance, [4] pour un héritage exempt de corruption, de souillure, de flétrissure, et qui vous est réservé dans les cieux, à vous [5] que, par la foi, la puissance de Dieu garde pour le salut prêt à se manifester au dernier moment. [6] Vous en tressaillez de joie, bien qu’il vous faille encore quelque temps être affligés par diverses épreuves, [7] afin que, bien éprouvée, votre foi, plus précieuse que l’or périssable que l’on vérifie par le feu, devienne un sujet de louange, de gloire et d’honneur, lors de la Révélation de Jésus Christ. [8] Sans l’avoir vu vous l’aimez ; sans le voir encore, mais en croyant, vous tressaillez d’une joie indicible et pleine de gloire, [9] sûrs d’obtenir l’objet de votre foi : le salut des âmes.

À l’écoute

De saint Bède le Vénérable, au VIIIe siècle
«Pourquoi donc chercher parmi les morts celui qui est vivant ?» Celui qui est déjà ressuscité pour une vie qui ne finira pas, pourquoi le cherchez-vous aujourd’hui dans un tombeau ? Rappelez-vous donc ! Il vous l’avait bien dit en Galilée : le Fils de l’homme devait être livré aux mains des pécheurs ; mais crucifié, après trois jours, il devait ressusciter. Ce message angélique, tous les fidèles de l’Église le connaissent bien, s’ils l’ignoraient, comment pourraient-ils se dire fidèles ? Et nous, ce message sans cesse rappelons-nous le ! Ce message de Résurrection d’un cœur assidu, méditons-le ! Le Fils de Dieu a voulu se faire Fils de l’homme ; aujourd’hui à qui donne sa foi, en retour il permet d’être fils. Lui qui s’est livré volontairement aux mains des pécheurs, aujourd’hui, du milieu des pécheurs il vient nous rassembler ; du pouvoir des esprits mauvais, il vient nous libérer. En effet, le troisième jour après sa mort sur la croix, il est vraiment ressuscité. La force de souffrir pour son Nom, l’espérance de vivre pour lui, il nous en fait aujourd’hui le don. Mais ce mystère de l’Économie divine sans cesse gardons-le présent et surtout faisons-en mémoire quand, de la bienheureuse Passion, sur l’autel, le sacrement se renouvelle, force irrésistible de Résurrection éternelle ! Deux morts pesaient sur la nature humaine accablée : mort de l’âme sous le poids du péché ; mort de la chair pour la peine due à la faute À ces deux morts nous avons été livrés. Mais est venu le Médiateur, l’homme-Dieu, Jésus-Christ ! Entre deux nuits, un jour au tombeau, il a voulu dormir ; mais la lumière du Ressuscité de toute mort a eu raison !

Homélie  sur Luc 24

Vivre la liturgie • Le feu nouveau

Puisque, selon la liturgie, c’est toute la semaine que dure le jour béni de Pâques, centre de toute l’année liturgique, nous pouvons chaque jour reprendre l’un des symboles ou des gestes de la fête.

La célébration de la Pâque commence en fait par la grande vigile du samedi, «mère de toutes les saintes veillées», disaient les Pères. Célébrer la résurrection du Seigneur, c’est en effet faire mémoire d’un double événement, l’un déjà accompli, l’autre en cours d’accomplissement : la résurrection du Christ et la nôtre, la résurrection du Christ, tête de l’Église, et la résurrection de l’Église tout entière. C’est la célébration du passage – et c’est ce que signifie le mot Pessah, Pâque en hébreu – de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière. C’est pourquoi la double symbolique de la nuit et de la lumière y est si présente. Et d’abord par le feu nouveau, symbole de la résurrection, allumé sur le parvis et béni par le célébrant. Dans la liturgie de l’Église de Jérusalem, c’est par une étincelle tirée de la pierre même du tombeau du Christ qu’il était embrasé. À sa flamme qui déchire les ténèbres, est allumé le cierge pascal, symbolisant le Christ, présent, vivant, au milieu de son peuple rassemblé.