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Comme des tout-petits

Grand silence du Grand samedi. Tout est fait. C’est Lui qui a tout fait. Il a souffert, une fois pour toutes, pour les péchés. C’est accompli. Il a combattu pour cela. Tout le combat du Christ était pour cela : prendre sur lui, lui qui est un avec le Père Saint, tout le péché. Sa victoire, son butin, c’est cela. Et en faisant cela, il s’est uni à nous, indéfectiblement. Le Fils est désormais Fils-uni-à-l’humanité. Et c’est cet être nouveau du Christ – lui avec nous, nous avec lui – qui a été vivifié, fait vivant, re-suscité par le Père. Il avait été mis à mort selon la chair par notre péché, car le péché conduit à la mort, mais dans sa mort il était uni à nous. Ainsi, ressuscité, fait vivant, c’est aussi avec nous. Nous sommes faits vivants avec lui.

Désormais, tout pécheurs que nous sommes, le Père nous accueille dans une indéfectible miséricorde, parce qu’en nous accueillant, c’est son Fils avec nous qu’il accueille. C’est ainsi que le Christ nous mène au Père, qu’il nous donne accès auprès du Père, qu’il nous donne le Père. Une seule chose pourrait nous empêcher de retrouver le Père, de nous abandonner dans les bras du Père : notre orgueil. Refuser de tout devoir – absolument tout – à cette infinie miséricorde. Nous ne pouvons accueillir le don du Fils, que si, comme des tout-petits, nous nous jetons, sûrs de son amour, dans les bras du Père.

La Parole du Jour • 1 Pierre 3,18-20

[18] Le Christ lui-même a souffert une fois pour les péchés, juste pour des injustes, afin de nous mener à Dieu. Mis à mort selon la chair, il a été vivifié selon l’esprit. [19] C’est en lui qu’il s’en alla même prêcher aux esprits en prison, [20] à ceux qui jadis avaient refusé de croire lorsque temporisait la longanimité de Dieu, aux jours où Noé construisait l’Arche, dans laquelle un petit nombre, en tout huit personnes, furent sauvées à travers l’eau.

Prier

Seigneur Jésus, tout au long de ce jour, de ce Grand Sabbat, pour reconnaître l’immensité du don que tu nous fais, nous ne pouvons que reconnaître que, de notre côté, nous ne pouvons que recevoir. C’est toi qui as tout fait. Et tu nous demandes seulement de recevoir. Notre prière aujourd’hui sera notre reconnaissance. Qu’elle prenne toute notre pensée, tout notre cœur, tout notre être. Le Père nous ouvre les bras. Nous voulons seulement nous y jeter. Pour y renaître, avec toi, faits fils, recréés fils, avec toi.




Vous avez un peu de temps et vous désirez aller plus loin ?
La formule n°2 complète (mais ne remplace pas !) la formule n°1


En parcourant la Bible

Luc 15,11-24

[11] Un homme avait deux fils. [12] Le plus jeune dit à son père : Père, donne-moi la part de fortune qui me revient. Et le père leur partagea son bien. [13] Peu de jours après, rassemblant tout son avoir, le plus jeune fils partit pour un pays lointain et y dissipa son bien en vivant dans l’inconduite. [14] Quand il eut tout dépensé, une famine sévère survint en cette contrée et il commença à sentir la privation. [15] Il alla se mettre au service d’un des habitants de cette contrée, qui l’envoya dans ses champs garder les cochons. [16] Il aurait bien voulu se remplir le ventre des caroubes que mangeaient les cochons, et personne ne lui en donnait. [17] Rentrant alors en lui-même, il se dit : Combien de mercenaires de mon père ont du pain en surabondance, et moi je suis ici à périr de faim ! [18] Je veux partir, aller vers mon père et lui dire : Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi ; [19] je ne mérite plus d’être appelé ton fils, traite-moi comme l’un de tes mercenaires. [20] Il partit donc et s’en alla vers son père. Tandis qu’il était encore loin, son père l’aperçut et fut pris de pitié ; il courut se jeter à son cou et l’embrassa tendrement. [21] Le fils alors lui dit : Père, j’ai péché contre le Ciel et envers toi, je ne mérite plus d’être appelé ton fils. [22] Mais le père dit à ses serviteurs : Vite, apportez la plus belle robe et l’en revêtez, mettez-lui un anneau au doigt et des chaussures aux pieds. [23] Amenez le veau gras, tuez-le, mangeons et festoyons, [24] car mon fils que voilà était mort et il est revenu à la vie ; il était perdu et il est retrouvé !


Romains 6,3-11

[3] Ignorez-vous que, baptisés dans le Christ Jésus, c’est dans sa mort que tous nous avons été baptisés ? [4] Nous avons donc été ensevelis avec lui par le baptême dans la mort, afin que, comme le Christ est ressuscité des morts par la gloire du Père, nous vivions nous aussi dans une vie nouvelle. [5] Car si c’est un même être avec le Christ que nous sommes devenus par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable ; [6] comprenons-le, notre vieil homme a été crucifié avec lui, pour que fût réduit à l’impuissance ce corps de péché, afin que nous cessions d’être asservis au péché. [7] Car celui qui est mort est affranchi du péché. [8] Mais si nous sommes morts avec le Christ, nous croyons que nous vivons aussi avec lui, [9] sachant que le Christ une fois ressuscité des morts ne meurt plus, que la mort n’exerce plus de pouvoir sur lui. [10] Sa mort fut une mort au péché, une fois pour toutes ; mais sa vie est une vie à Dieu. [11] Et vous de même, considérez que vous êtes morts au péché et vivants à Dieu dans le Christ Jésus.

À l’écoute

Du Pseudo-Épiphane de Salamine, au IVe siècle
Un grand silence règne aujourd’hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude, un grand silence parce que le Roi dort. La terre a tremblé et s’est calmée parce que Dieu s’est endormi dans la chair et qu’il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli. Dieu s’est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers. Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Ève captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur fils. (...)

Le Christ, ayant saisi Adam par la main, lui dit : «Éveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts... Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, Je suis la Vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi. À cause de toi, moi ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi ton Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave. Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme, sans protection, libre parmi les morts. Pour toi qui es sorti du jardin, j’ai été livré dans le jardin et crucifié dans le jardin (...) Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer. Lève-toi, partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous, et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du Paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, la salle des noces est préparée, le Royaume des cieux qui existait avant tous les siècles vous attend.

Homélie sur l’ensevelissement du Christ 1...15

Vivre la liturgie

Le «Grand Samedi», comme dit l’Orient, l’Église contemple donc d’abord le mystère de l’ensevelissement de son Seigneur, le mystère de sa mort, de son silence, de son repos. De même que la création s’était achevée par le premier sabbat où «Dieu se reposa de toute l’œuvre qu’il avait faite», de même l’œuvre de la Rédemption étant accomplie, le Christ est entré dans le repos du grand sabbat. Un repos où, même dans la mort qu’il a vécu et assumé jusqu’au bout par son ensevelissement, il continue à œuvrer puisque, dit le Credo, «il est descendu aux enfers».

Mais nous ne pouvons pas le suivre jusque là. Pour l’Église, c’est le seul jour de l’année qui est dit a-liturgique. Le Samedi Saint ne connaît ni célébration (ni adoration) eucharistique ni (comme le Vendredi Saint) communion aux présanctifiés. Si l’Église se rassemble pour la Liturgie des Heures, elle n’a pourtant jamais voulu instituer une célébration particulière pour faire mémoire du Christ au tombeau. Son maître s’est vraiment endormi dans la mort, et elle accueille dans la foi et le silence toute la profondeur de ce mystère.