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Le lieu du don

«C’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples». Jésus invite à la fois à une intimité avec lui et à une convivialité autour de lui, pour accomplir sa Pâque. C’est la communauté rassemblée autour d’un repas que Jésus a choisie comme le lieu du don, du grand don qu’il est venu faire. Certes la communauté est bien imparfaite. Judas, celui qui l’a livré, est là. Et aussi Pierre, Jean, André... et chacun d’eux se rend compte qu’il aurait pu aussi trahir. «Serait-ce moi, Seigneur ?» Mais c’est bien dans cette communion imparfaite que Jésus a choisi de déposer son œuvre de salut. Jésus ne vient pas sauver l’homme individuellement. Il ne vient pas au cœur de l’homme individuellement. Il vient au cœur de la communauté. Au cœur de l’homme dans la communauté. Il a choisi que le cœur de l’homme soit trouvé personnellement, certes, intimement aussi, mais dans le désir d’une communion autour de lui, pour pouvoir le sauver. Parce que le don qu’il va faire est lui-même une communion. Il se donne en communion avec son Père. C’est cela le grand don qu’il vient déposer en nous. Pour qu’il soit le germe d’une vie nouvelle, afin que nous devenions par lui des êtres de communion.

La Parole du Jour • Matthieu 26,14-25

L’un des Douze, nommé Judas Iscariote, alla trouver les chefs des prêtres et leur dit : «Que voulez-vous me donner, si je vous le livre ?» Ils lui proposèrent trente pièces d’argent. Dès lors, Judas cherchait une occasion favorable pour le livrer. Le premier jour de la fête des pains sans levain, les disciples vinrent dire à Jésus : «Où veux-tu que nous fassions les préparatifs de ton repas pascal ?» Il leur dit : «Allez à la ville, chez un tel, et dites-lui : ‘Le Maître te fait dire : Mon temps est proche ; c’est chez toi que je veux célébrer la Pâque avec mes disciples.’» Les disciples firent ce que Jésus leur avait prescrit et ils préparèrent la Pâque. Le soir venu, Jésus se trouvait à table avec les Douze. Pendant le repas, il leur déclara : «Amen, je vous le dis : l’un de vous va me livrer.» Profondément attristés, ils se mirent à lui demander, l’un après l’autre : «Serait-ce moi, Seigneur ?» Il leur répondit : «Celui qui vient de se servir en même temps que moi, celui-là va me livrer. Le Fils de l’homme s’en va, comme il est écrit à son sujet ; mais malheureux l’homme par qui le Fils de l’homme est livré ! Il vaudrait mieux que cet homme-là ne soit pas né !» Judas, celui qui le livrait, prit la parole : «Rabbi, serait-ce moi ?» Jésus lui répond : «C’est toi qui l’as dit !»

Prier

Seigneur Jésus, aujourd’hui, tu nous rassembles, de tous nos éparpillements, de toutes nos extériorités, tu veux que nous nous rapprochions. Alors nous venons. Nos réunions, nos communautés, nos familles, sont bien imparfaites, souvent tendues, blessées, divisées. C’est pourtant elles, telles qu’elles sont, que tu désires. Nous te les présentons, sans fard, sans honte. C’est en elles que, demain, tu déposeras le grand don de la communion.




Vous avez un peu de temps et vous désirez aller plus loin ?
La formule n°2 complète (mais ne remplace pas !) la formule n°1


En parcourant la Bible

Isaïe 49,13-19.22

[13] Cieux, criez de joie, terre exulte, que les montagnes poussent des cris, car le Seigneur a consolé son peuple, il prend en pitié ses affligés. [14] Sion avait dit : «Le Seigneur m’a abandonnée ; le Seigneur m’a oubliée.» [15] Une femme oublie-t-elle son petit enfant, est-elle sans pitié pour le fils de ses entrailles ? Même si les femmes oubliaient, moi, je ne t’oublierai pas. [16] Vois, je t’ai gravée sur les paumes de mes mains, tes remparts sont devant moi sans cesse. [17] Tes bâtisseurs se hâtent, ceux qui te détruisent et te ravagent vont s’en aller. [18] Lève les yeux aux alentours et regarde : tous sont rassemblés, ils viennent à toi. Par ma vie, oracle du Seigneur, ils sont tous comme une parure dont tu te couvriras, comme fait une fiancée, tu te les attacheras. [19] Car tes ruines, tes décombres, ton pays désolé sont désormais trop étroits pour tes habitants, et ceux qui te dévoraient s’éloigneront. (...) [22] Ainsi parle le Seigneur Dieu : Voici que je lève la main vers les nations, que je dresse un signal pour les peuples : ils t’amèneront tes fils dans leurs bras, et tes filles seront portées sur l’épaule


1 Corinthiens 1,1-9

[1] Paul, appelé à être apôtre du Christ Jésus par la volonté de Dieu, [2] à l’Église de Dieu établie à Corinthe, à ceux qui ont été sanctifiés dans le Christ Jésus, appelés à être saints avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de Jésus Christ notre Seigneur, le leur et le nôtre ; [3] à vous grâce et paix de par Dieu, notre Père, et le Seigneur Jésus Christ ! [4] Je rends grâce à Dieu sans cesse à votre sujet pour la grâce de Dieu qui vous a été accordée dans le Christ Jésus ; [5] car vous avez été comblés en lui de toutes les richesses, toutes celles de la parole et toutes celles de la science, [6] à raison même de la fermeté qu’a prise en vous le témoignage du Christ. [7] Aussi ne manquez-vous d’aucun don de la grâce, dans l’attente où vous êtes de la Révélation de notre Seigneur Jésus Christ. [8] C’est lui qui vous affermira jusqu’au bout, pour que vous soyez irréprochables au Jour de notre Seigneur Jésus Christ. [9] Il est fidèle, le Dieu par qui vous avez été appelés à la communion de son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

À l’écoute

De saint Jean Chrysostome, au IVe siècle
Pendant que la trahison se préparait, que Judas travaillait à sa propre perte, «les disciples dirent à Jésus : ‘Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ?’» (Matthieu 26,17). Voyez-vous la conduite si différente de Judas et des autres disciples ? Celui-là trahit son maître, ceux-ci songent à préparer la Pâque. Celui-là conclut un pacte inique, ceux-ci se disposent à servir le Sauveur. Ils avaient tous joui cependant des mêmes merveilles, des mêmes enseignements, de la même puissance.

De quelle Pâque s’agit-il ? De la Pâque ancienne, et non de celle que nous célébrons. Les disciples préparèrent la première : le Sauveur lui-même prépara la seconde ; et non seulement il la prépara, mais il devint lui-même notre Pâque. «Où veux-tu que nous te préparions le festin de la Pâque ?» Cette Pâque était celle qui avait été instituée en Égypte. Et pourquoi Jésus l’observa-t-il ? Parce qu’il observait la loi dans toutes ses prescriptions. N’avait-il pas dit au moment de son baptême : «C’est ainsi qu’il nous faut accomplir toute justice» (Matthieu 3,15) ? Là était l’ombre, ici la vérité. Dès que le Soleil de justice fut apparu, l’ombre s’évanouit, comme les ténèbres à l’apparition du soleil. C’est pour cela que le même festin vit s’accomplir les deux pâques, la Pâque figurative et la Pâque véritable. De même que les peintres commencent par dessiner sur leur tableau les contours et les silhouettes des objets qu’ils se proposent de reproduire avant d’y appliquer les couleurs convenables ; de même le Christ pendant le même repas fit précéder la célébration de la Pâque véritable par la célébration de la Pâque figurative. «Où veux-tu que nous te préparions le repas de la Pâque ?» Ils parlaient de la Pâque ancienne : mais que tout flambeau s’éteigne au lever du soleil ; à l’approche de la vérité, que l’ombre s’évanouisse !

1e homélie sur la trahison de Judas, 4

Vivre la liturgie

Les textes de ce jour, dans la suite de ceux du Mardi Saint, continuent à dessiner devant nous la figure du serviteur qui ne se révolte pas ni ne se dérobe devant la souffrance (Isaïe 50,4-9) et  à montrer Jésus préparant et prenant son dernier repas au milieu de ses disciples qui vont l’abandonner ou le trahir.

Mais la liturgie est surtout marquée, dans de nombreux diocèses, par ce que l’on appelle la messe chrismale qui réunit dans la cathédrale, autour de l’évêque, tout le peuple chrétien. Cette eucharistie présente de nombreuses significations : elle est d’abord, pour une fois visible, le rassemblement de tous les baptisés formant le Corps du Christ, en ce jour où nous sont rappelés les préparatifs de la Cène ; elle est aussi le cadre dans lequel tous les prêtres et diacres présents renouvellent les promesses de leur ordination, manifestant ainsi que leur ministère découle de celui du Christ prêtre. Enfin, comme l’indique son nom, c’est au cours de cette eucharistie que l’évêque bénit les huiles des catéchumènes et des malades, et consacre le Saint-Chrême. Chaque prêtre en emportera, à l’issue de la célébration, pour administrer le sacrement des malades et les onctions que les catéchumènes reçoivent pendant leur préparation baptismale. Le Saint-Chrême sera utilisé, lui, pour les sacrements de la confirmation et de l’ordre.