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À Béthanie

Une première halte sur le chemin de la Passion nous oblige à nous arrêter à Béthanie chez Lazare, Marthe et Marie, les amis de Jésus, pour contempler ce geste de Marie, qui oint les pieds de Jésus avec un parfum de nard très pur, avant de les essuyer de ses cheveux. Un geste étonnant, irraisonnable, un peu fou, que Jésus reçoit et dans lequel il nous invite à entrer pour en percevoir le secret, comme un préalable pour aller plus avant. D’un même geste, Marie dit la gratuité de l’amour et annonce la sépulture. D’un même geste elle embrasse cet aujourd’hui où Jésus est là, et ce demain où il donnera sa vie. D’un même geste elle célèbre Jésus vivant, présent, aimé, et Jésus livré, mort et enseveli.

Quel est ce nard si pur et de si grand prix que Marie verse sur les pieds de Jésus, sinon l’amour du Christ lui-même ? Et que signifie ce geste de Marie sinon sa foi en cet amour. Seule la foi en l’amour du Christ dans sa gratuité, sa démesure, nous permet d’accéder à l’intelligence du mystère. Une intelligence assez large pour embrasser dans un même regard le Vivant et l’enseveli, l’amour du Père et le Fils livré, la souveraine liberté du Christ et son abandon dans les mains des hommes. Si nous voulons aller plus avant, il nous faut croire indéfectiblement en l’amour de Dieu révélé en Jésus. L’amour du Père pour le Fils, l’amour du Père et du Fils pour nous.

La Parole du Jour • Jean 12,1-8

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie où habitait Lazare, celui qu’il avait ressuscité d’entre les morts. On donna un repas en l’honneur de Jésus. Marthe faisait le service, Lazare était avec Jésus parmi les convives. Or, Marie avait pris une livre d’un parfum très pur et de très grande valeur ; elle versa le parfum sur les pieds de Jésus, qu’elle essuya avec ses cheveux ; la maison fut remplie par l’odeur du parfum. Judas Iscariote, l’un des disciples, celui qui allait le livrer, dit alors : «Pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum pour trois cents pièces d’argent, que l’on aurait données à des pauvres ?» Il parla ainsi, non parce qu’il se préoccupait des pauvres, mais parce que c’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait pour lui ce que l’on y mettait. Jésus lui dit : «Laisse-la ! Il fallait qu’elle garde ce parfum pour le jour de mon ensevelissement. Des pauvres, vous en aurez toujours avec vous, mais moi, vous ne m’aurez pas toujours.»

Prier

Seigneur Jésus, pour entrer avec toi dans ce mystère que tu veux nous révéler, nous nous sentons bien pauvres. Nous croyons en toi, en ton amour, mais tant de questions nous habitent, nous déroutent parfois, notre foi nous semble bien imparfaite. Mais nous te l’offrons, telle qu’elle est, dans toute son authenticité. C’est cela ce parfum de grand prix que nous pouvons verser sur tes pieds. Nous croyons que si nous l’engageons à ta suite, tu la feras grandir en ces jours. Fais-nous entrer dans la connaissance de ton amour.




Vous avez un peu de temps et vous désirez aller plus loin ?
La formule n°2 complète (mais ne remplace pas !) la formule n°1


En parcourant la Bible

Isaïe 43,1-7

[1] Ainsi parle le Seigneur, celui qui t’a créé, Jacob, qui t’a modelé, Israël. Ne crains pas, car je t’ai racheté, je t’ai appelé par ton nom : tu es à moi. [2] Si tu traverses les eaux je serai avec toi, et les rivières, elles ne te submergeront pas. Si tu passes par le feu, tu ne souffriras pas, et la flamme ne te brûlera pas. [3] Car je suis le Seigneur, ton Dieu, le Saint d’Israël, ton sauveur. Pour ta rançon, j’ai donné l’Égypte, Kush et Séba à ta place. [4] Car tu comptes beaucoup à mes yeux, tu as du prix et je t’aime. Aussi je livre des hommes à ta place et des peuples en rançon de ta vie. [5] Ne crains pas, car je suis avec toi, du levant je vais faire revenir ta race, et du couchant je te rassemblerai. [6] Je dirai au Nord : Donne ! et au Midi : Ne retiens pas ! Ramène mes fils de loin et mes filles du bout de la terre, [7] quiconque se réclame de mon nom, ceux que j’ai créés pour ma gloire, que j’ai formés et que j’ai faits.


Éphésiens 3,17-21

[17] Que le Christ habite en vos cœurs par la foi, et que vous soyez enracinés, fondés dans l’amour. [18] Ainsi vous recevrez la force de comprendre, avec tous les saints, ce qu’est la Largeur, la Longueur, la Hauteur et la Profondeur, [19] vous connaîtrez l’amour du Christ qui surpasse toute connaissance, et vous entrerez par votre plénitude dans toute la Plénitude de Dieu. [20] À Celui dont la puissance agissant en nous est capable de faire bien au-delà, infiniment au-delà de tout ce que nous pouvons demander ou concevoir, [21] à Lui la gloire, dans l’Église et le Christ Jésus, pour tous les âges et tous les siècles ! Amen.

À l’écoute

De Chromace d'Aquilée, au IVe siècle
L’Évangile nous rapporte aujourd’hui que, le Seigneur étant à table avec Lazare, ressuscité des morts, «Marie la sœur de Lazare et de Marthe, prit une livre de parfum de nard et en oignit les pieds de Jésus». Voyez le dévouement et la foi de cette sainte femme. Les autres étaient à table avec le Seigneur et, elle, elle oignait ses pieds. Les autres échangeaient avec lui paroles et propos ; elle, dans le silence de sa foi, elle essuyait ses pieds avec ses cheveux. Les autres paraissaient à l’honneur, elle au service : mais le service rendu par Marie eut plus de prix aux yeux du Christ que la place honorable des convives.

Quel fut donc le service rendu par cette sainte femme, pour qu’il ait été proclamé dans le monde entier et qu’on le proclame chaque jour ? Nous lisons dans le Cantique cette parole que Salomon fait dire à l’Église : «Ton nom est un parfum répandu» (Cantique 1,2). Ce n’est pas sans raison que le nom du Seigneur est appelé «parfum répandu». Un parfum, vous le savez, tant qu’il est conservé à l’intérieur de son flacon, garde en lui la force de son odeur ; mais dès qu’on le verse ou le vide, alors il répand son parfum odorant. Ainsi notre Seigneur et Sauveur, alors qu’il régnait au ciel avec le Père était-il ignoré du monde, inconnu ici-bas. Mais lorsque, pour notre salut, il a daigné s’abaisser en descendant du ciel pour prendre un corps humain, alors il a répandu dans le monde la douceur et le parfum de son nom. Cet onguent est celui dont parle le prophète : «C’est comme un onguent sur la tête, qui descend sur la barbe, la barbe du grand Aaron, qui descend sur le bord de son vêtement» (Psaume 132,2). Voilà donc cet onguent qui est descendu de la tête sur la barbe d’Aaron, et de là sur le bord de son vêtement – c’est-à-dire sur tout le corps de l’Église.

Sermon XI, 1-3, SC 154, p. 211-213

Vivre la liturgie

Après le premier jour de la Sainte Semaine, le premier des jours saints. Après le dimanche, comme un prologue dessinant toute la tragédie, de l’entrée triomphale à Jérusalem jusqu’au tombeau dans le rocher, il faut reprendre le mémorial liturgique pas à pas, pour le gravir avec le Maître jusqu’au Calvaire.

«Voici que s’approchent les jours où Jésus notre sauveur souffrit sa passion et ressuscita dans la gloire», annonce la préface. Les jours s’approchent... Car le Carême se poursuit encore. Ce temps de quarante jours, le chiffre de l’épreuve et de la purification, n’est pas clos encore et se prolonge jusqu’au jeudi. Mais déjà commence le temps de la Semaine Sainte, le grand passage que va effectuer, avec le Christ, toute l’Église.

C’est pourquoi, en ce lundi, la liturgie donne à contempler, dans les lectures, le Bien-aimé avançant librement vers sa Passion. La première lecture est prise au livre d’Isaïe (42,1-7), dans ce que l’on nomme les «chants du serviteur» qui prophétisent la trajectoire du Messie, oint de l’Esprit du Seigneur, de son élection dès le sein maternel à sa mort pour nos péchés. L’évangile (Jean 12,1-11) se situe au jour où s’ouvre la dernière semaine de la vie publique de Jésus et donne à contempler le geste de Marie, oignant ses pieds de parfum pour annoncer sa sépulture.